Alimenter un cheval PSSM : 1. Le fourrage

Publié le par Catherine Kaeffer. Alpha et Omega

Un cheval PSSM est un cheval qui accumule de façon anormale les sucres dans son muscle ce qui provoque des douleurs musculaires allant de la simple gêne à la contracture généralisée.

Il est possible de limiter cette accumulation en jouant sur l’alimentation. En effet, moins vous permettrez à l’organisme de produire des sucres simples, moins vous lui donnerez l’occasion de les stocker.

De ce fait, la première chose à faire pour ce type de chevaux est de considérer le problème du fourrage.

Et pour le fourrage tout se résume à la teneur en fructanes, qui sont les sucres de réserve de la plante.

Le fourrage doit fournir le maximum possible de l’apport alimentaire.

Le foin

Il doit être choisi épié c’est-à-dire que plus de 50 % des graminées qu’il contient doivent avoir un épi. Le but est que les fructanes ayant été consommées pour la production de l’épi, la teneur en fructanes d’un tel foin est naturellement faible.

Par contre, choisir un foin de l’année précédente n’est pas intéressant car la teneur en fructanes ne varie pas et vous augmentez les risques de poussières. En outre, vous avez perdu toutes les vitamines.

Le trempage est une solution d’urgence au moment où on découvre la maladie. Là encore la perte de valeur nutritionnelle est importante. Le travail que cela nécessite devient vite titanesque. On a un risque réel de développements bactériens. Et finalement, on arrive péniblement à une baisse de la teneur en sucres solubles qui est moins importante que si on a choisi judicieusement son foin.

L’herbe

L’apport d’herbe doit être adapté au niveau de la maladie pour chaque cheval.

Pour un cheval asymptomatique ou simplement légèrement gêné, l’alimentation à l’herbe est possible à condition de :

  • Consommer uniquement de l’herbe qui a déjà épié.
  • Consommer de l’herbe qui a réalisé sa flambée de croissance donc au moins à 25 cm de hauteur au moment où le cheval entre dans le pré.
  • Ne jamais laisser pâturer sous la barre des 5 cm (herbe à hauteur de votre malléole lorsque vous marchez dans le pré).
  • Jamais de pâturage d’hiver ou de printemps.
  • Le pâturage en continu sur une même parcelle est tolérable si vous pouvez limiter l’accès à quelques heures par jour.

Ce sont des contraintes fortes et encore plus pour le propriétaire que pour le cheval qui arrive généralement à bien s’adapter à ce rythme de vie.

Pour un cheval qui a de réels problèmes, il faut oublier toute vie à l’herbe et passer au paddock sans herbe et à l’alimentation contrôlée.

L’enrubanné

Au-delà de la technique de conservation qui ne pose pas de problème particulier en soi, il y a le fait qu’on récolte souvent un enrubanné plus jeune qu’un foin. Donc vous retrouvez toutes les limitations de l’utilisation d’un foin jeune avec un PSSM. Mais si vous avez un fourrage épié, mis sous plastique assez sec, simplement pour sécuriser le chantier ou la conservation, vous n’aurez pas plus de problèmes qu’avec un foin.

La paille

On l’oublie souvent mais la paille est aussi un fourrage qui peut être intéressant dans certains cas. Aujourd’hui elle est souvent vilipendée mais souvenons-nous de l’adage : « Cheval de paille, cheval de bataille. Cheval de foin, cheval de rien ». Bref, il vaut mieux une bonne paille qu’un mauvais foin.

L’autre utilisation de la paille est de venir en complément d’un foin un peu jeune. Vous donnez alors le foin en quantité limitée et vous le mélangez avec de la paille qui est servie de façon généreuse.

Dans un prochain article nous aborderons l’alimentation du cheval PSSM mais sur le plan de l’aliment concentré.

Catherine Kaeffer

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Round de foin.Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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