Mon cheval maigrit en hiver, pourquoi ?

Publié le par Catherine KaefferAlpha et Omega

Contrairement à ce qu'on pense généralement, les dépenses énergétiques liées à la température sont proportionnellement assez faibles si le cheval a eu le temps de s'adapter. Elles sont estimées entre 1.5 % de dépenses en plus par degré à - 5°C et 2.5 % à partir de -10 °C. 

Ces chiffres sont valables pour un cheval adulte.

 Le fait d'avoir un abri protégé des vents dominants et avec un sol bien sec ou mieux paillé permet de réduire d'environ 10 % cette dépense. Si on ajoute une couverture, on peut aller jusqu'à -25 %. 

A priori, donc, même couvert, la dépense calorifique sera plus importante si on sort de la zone de neutralité thermique qui commence à – 5°C à l’abri du vent. Ceci étant, c'est compensé par un changement de comportement des chevaux l'hiver surtout si le sol est boueux car ils font moins de déplacements surtout les déplacements rapides. 

Le fait d'augmenter la proportion de fourrage est dans un premier temps plus intéressante que d’augmenter la part d’aliment. En effet, les fibres du fourrage sont digérées par la flore dans le gros intestin. La flore, c’est comme une grande usine avec plein d’ouvriers qui travaillent à la chaîne, mais une chaîne pas bien organisée : un va faire une opération. L’autre reprend le produit et en fait une autre. Le troisième fait une transformation qui va dans un autre sens. Bref, plein d’intervenants qui font chacun ce qui leur plait. Au total, une digestion assez lente et nécessitant de multiples opérations.

Or, tout le monde le sait, le travail produit de la chaleur. Il suffit de voir comment un moteur chauffe. Et plus c’est complexe, plus il y a de transformations différentes, plus ça chauffe.

L’aliment est digéré par voie enzymatique. C’est une digestion relativement simple, avec peu d’opérations. Elle dégage peu de chaleur. La digestion des fibres va dégager une quantité importante de chaleur, l’extra-chaleur, au niveau du ventre du cheval. Comme une bouillotte.

Globalement effectivement, il convient de soutenir un peu les apports alimentaires, principalement sous forme de fourrage et éventuellement aussi par un petit apport d’aliment si le fourrage ne suffit pas.

À noter que les carences en iode, parce qu'elles touchent l'ensemble du métabolisme énergétique, augmentent la sensibilité au froid.

Donc si votre cheval maigrit de façon récurrente chaque année en hiver, alors que vous ne le souhaitez pas il me semble que lui mettre une couverture, c'est masquer un symptôme. Cela doit donc s’accompagner de mesures pour comprendre le phénomène.

  • Vérifier son état dentaire (l'herbe est plus facile à manger que le foin). Certains chevaux se tiennent bien à l’herbe parce qu’ils la mangent en quantité alors qu’ils limitent spontanément leur consommation de foin.
     
  • Appliquer si vous êtes dans une région froide, l'augmentation de l'apport en fourrage prévue. Voir si le fait de rapprocher ou de bouger le coin fourrage a une influence. Certains chevaux arthrosiques répugnent à traverser une zone de boue pour aller s’alimenter.
     
  • Adapter si nécessaire les apports d'aliment. Le mash n’apporte pas grand-chose de plus, tout au plus peut-il servir si le cheval n’a pas d’appétit pour l’inciter à manger.
     
  • Vérifier les carences en iode et en minéraux en général. 
     
  • Ne pas oublier que les vitamines se détruisent au fanage et au stockage et que donc votre foin est moins bien pourvu que l'herbe dont il provient. Mais ce phénomène est surtout net en fin d'hiver. Ceci étant, il faut prévoir dans votre supplémentation minérale à compenser sur ce point. 
     
  • Pierre à sel à disposition et eau évidemment. Attention que les chevaux avec des problèmes dentaires ou de gencives peuvent limiter leur consommation d’eau car cela leur fait mal et en conséquence se déshydrater et manger moins de foin qui est un aliment sec.

Le fait d’accepter un amaigrissement hivernal surtout chez les chevaux en pâturage permanent et qui grossissent beaucoup au printemps, peut être une stratégie. Ceci étant dans ce cas, il faut admettre aussi que le cheval sera plus mou au travail et lui en demander moins.

Par contre, sur une gestante, sur un cheval de sport, sur un jeune ou sur un cheval âgé, il convient de maintenir l’état corporel en hiver. Une baisse d’état inexpliquée qui ne relève pas d’un des facteurs ci-dessous doit vous inciter à consulter votre vétérinaire.  

Catherine Kaeffer

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Cheval en hiver. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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