Le molybdène, le soufre et le cuivre : de la chimie à la carence (Partie 2)

Publié le par François Kaeffer. Alpha et Omega

Maintenant que nous connaissons les conditions de formation des thiomolybdates, nous allons pouvoir commencer à discuter des différentes sources de nos oligoéléments :

  • Molybdène : le fourrage produit sur un sol acide et ceux contenant nombre de légumineuses sont mieux pourvus en molybdène.
     
  • Soufre : dans l’alimentation classique, le soufre se présente sous la forme d’acides aminés soufrés (cystéine, méthionine) ainsi que d’autres molécules moins courantes mais connues (dans les choux, l’ail…) mais aussi de soufre sous forme minérale même si le pourcentage de soufre organique est très largement majoritaire (entre 80 et 95 % du soufre total).
     
  • Cuivre : tous les produits en contiennent mais évidemment, ce sont les Compléments Minéraux-Vitaminés (CMV) qui en possèdent le plus.
     

Comme nous l’avons vu, le soufre et le molybdène forme des thiomolybdates. Ces molécules peuvent complexer le cuivre et former ensemble un sel insoluble qui sera évacué dans les selles mais ce n’est qu’une des deux possibilités d’interaction entre ces éléments.

La seconde interaction est celle ayant lieu à l’intérieur de l’organisme. En effet, sans cuivre à complexer, les thiomolybdates sont absorbés et une fois dans le sang, elles vont se fixer sur les enzymes contenant le cuivre, empêchant du même coup l’activité de ces enzymes.

Evidemment, le raccourci saisissant que nous pouvons faire est de dire que le molybdène et le cuivre sont des minéraux antagonistes. Ce n’est pas tout à fait exact puisqu’il est nécessaire d’avoir un troisième élément : le soufre.

En effet, selon le pH, il faut un certain rapport pour produire ces molybdates en sachant que plus nous avons de soufre sur le thiomolybdate plus l’interaction avec le cuivre sera forte. Nous craindrons donc en particulier, la formation de tétra-thiomolybdates (4 atomes de soufre).

Ce rapport mole à mole, Soufre sur Molybdène, à pH 7,0, à partir de 300:1, le tétra-thiomolybdate prédomine et plus le pH est bas moins ce rapport a besoin d’être élevé. Ce taux n’est véritablement pas un problème à obtenir dans la théorie : rien qu’avec l’herbe déshydratée (proche d’un foin classique), nous sommes à un rapport de 500… et comme avoir un pH 7,0 ou en dessous n’est en aucun cas difficile dans le tube digestif…

Cependant, avant de s’alarmer, parlons encore un peu technique :

  • Le soufre doit être disponible pour la réaction et pour cela, il doit être sous forme inorganique. Certes, le catabolisme des acides aminés soufrés donne du soufre sous forme inorganique…
     
  • Toutes les formes inorganiques ne permettent pas cette réaction, seulement SH2 ou S produites par Desulfovibrio desulfuricans. Donc même les sulfures retrouvés dans les CMV ne sont pas directement disponibles pour cette réaction.
     
  • Ces deux parties nécessitent forcément le passage dans le gros intestin. La formation étant sans doute trop négligeable avant voire même inexistante.

Il va nous falloir attendre pour aller plus loin dans notre périple, notre quête nécessitant toujours plus d’aspirine.

François Kaeffer

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