Faire maigrir progressivement un cheval : 3 les principes

Publié le par Catherine Kaeffer. Editions Alpha et Omega

Nous avons traité les grands principes de l’amaigrissement d’urgence et leur application pour un cheval au pré. Mais heureusement, on n’est pas toujours dans une situation aussi catastrophique et bien avant d’en arriver là, on peut intervenir pour que le cheval reste à un poids compatible avec sa santé selon les indications de votre vétérinaire.

Dans ce cas, on a devant soi du temps. Il doit maigrir bien sûr mais lentement pour ne prendre aucun risque. Pour vous faire une idée, un régime de ce type, ce n’est jamais moins de 3 mois. Pour un cheval, on prévoit 6 mois de régime au moins. Il faut compter 1 an d’effort pour ramener un poney obèse à une silhouette normale et 2 ans pour un âne dans la même situation. Donc on part sur du long terme, rien à voir avec le « 15 jours de régime choc pour être belle sur la plage en maillot » qu’on nous sort tous les printemps dans les magazines féminins. Cela ne marche pas pour les humains, cela ne marche pas plus pour les chevaux.

Le fait d’avoir du temps permet de ne pas imposer une diète drastique mais de faire faire à l’animal un régime « basses calories ». Autrement dit, en termes techniques à diminuer la densité énergétique de votre ration (baisser les UFC /kg). Pour un volume habituel de fourrage consommé, il faut que l’énergie ingérée par le cheval soit moindre. Le fait de conserver un volume normal permet au cheval de manger comme d’habitude, d’avoir un sentiment de satiété, de ne pas se sentir frustré et partant de maigrir sans avoir tous les troubles que génère un amaigrissement en urgence.

L’idée est donc de maintenir le volume de la ration tout en apportant moins d’énergie que les besoins du cheval. Évidemment, plus les besoins sont élevés plus c’est facile à réaliser. On considère généralement qu’il faut être 1 UFC sous les besoins. J’ai tendance à penser qu’il est plus confortable pour tout le monde de faire un régime à 0.5 UFC en dessous des besoins quitte à le maintenir plus longtemps.

La diminution de la densité de la ration repose sur une échelle de valeur, du plus au moins énergétique (par kg de matière sèche) : huile > maïs et graines de lin > orge > avoine et aliment industriel classique > herbe > bouchons de foin ou de luzerne > foin « normal » > paille.

La valeur énergétique des aliments industriels « classiques » est généralement située entre celle de l’orge et celle de l’avoine mais cela peut notablement varier selon les produits. Pour les aliments sans céréales, il faut regarder la composition. Certains de ces produits ont la valeur énergétique d’un aliment industriel classique. D’autres au contraire sont proches des bouchons de foin. Pour l’herbe, tout dépend évidemment de la qualité de la pâture et du stade. Mais globalement l’échelle présentée est un bon point de repère.

Pour diminuer la densité énergétique d’une ration, il faut apporter moins d’énergie par kg de nourriture en moyenne. Il faut donc « descendre » sur l’échelle des densités énergétiques.

La première chose à faire est donc de supprimer tout apport d’huile ou de graines de lin qui s’ils sont souvent présentés comme des aliments « santé » n’ont pas leur place dans l’alimentation d’un cheval obèse même en faible quantité.

Si cela ne suffit pas, il faut éliminer les céréales et les aliments industriels classiques. Si cela ne suffit toujours pas, on élimine (sauf éventuellement une poignée symbolique) les bouchons de foin ou de luzerne.

Si cela suffit c’est qu’on est dans un cas à tout prendre assez facile à gérer puisque le fourrage à volonté permet d’obtenir le résultat. On peut avoir cette situation sur un cheval qui travaille voire un grand cheval qui ne travaille pas. Par contre, si on est sur un grand poney type haflinger, qui travaille peut, cela peut très bien ne pas suffire. Évidemment la saison et la qualité de la prairie sont déterminantes.

Si cela ne suffit toujours pas, il ne reste comme possibilité que de limiter la quantité d’herbe ingérée ce qui est souvent difficile à faire en pratique au point que beaucoup d’auteurs considèrent qu’il est vain de chercher à faire maigrir un cheval obèse au pré et qu’il faut dans ce cas cantonner le cheval à un paddock sans herbe.

Si malgré tout, on souhaite que le cheval puisse continuer à avoir une vie au pré, et qu’il n’y a pas d’urgence, plusieurs méthodes sont possibles que nous détaillerons dans un prochain article.

Catherine Kaeffer

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