Quelles friandises pour mon cheval ? Les friandises industrielles et maison

Publié le par Catherine Kaeffer. Editions Alpha et Omega

Dans un précédent article nous avons abordé le sujet des friandises traditionnelles. Voyons maintenant les produits industriels, artisanaux ou de fabrication « maison ».

Les friandises industrielles

Dans ce type de produits, on a une infinité de compositions… et d’argumentaires commerciaux parfois très imaginatifs. Il convient de bien regarder les compositions comme pour un aliment pour savoir ce qu’on donne exactement.

Ainsi, sur un produit connu, j’ai pu relever des affirmations de ce type.

« Sans cendres ajoutées » : Autrement dit, vous n’avez pas d’additif minéral. Est-ce vraiment un avantage ? C’est discutable. Mais il faut reconnaître que dès que vous mettez des minéraux dedans, cela dégrade le goût.  

« Pauvre en matières grasses » avec en composition 6.30 à 6.5 % de matières grasses ce qui le classe parmi les aliments enrichis en matières grasses. D’ailleurs on a de l’huile de colza en seconde position dans la liste des ingrédients.

« Riche en fibres » avec en composition 2,4 à 3 % de fibres brutes. Autrement dit ce produit est moins riche en fibres que… de l’orge qui est déjà à 4 % et cela n’a rien à voir avec une herbe déshydratée qui est aux alentours de 25 %...

En gros ce produit est un maïs + huile à qui on a ajouté quelques fruits pour qu’il soit meilleur (et quelques colorants pour obtenir une belle couleur). Après, je suis sûre que le cheval aurait tout autant apprécié un pop-corn !

Le but d’une friandise est d’avoir bon goût. En général, pour ce faire, on utilise une céréale qui sert de base. Dans les friandises sans céréales, la base peut être du son (donc pas dépourvu d’amidon) et de la luzerne ou bien de l’herbe déshydratée.

Le souci c’est que la luzerne n’est pas appréciée de tous les chevaux et que l’herbe déshydratée n’est pas fondamentalement différente au niveau gustatif d’un bon foin.

Dans ce cas, le bon goût est obtenu soit par un additif soit par du marc de pomme ou de la pomme séchée.

En un mot comme en cent, une friandise, c’est généralement l’équivalent d’un aliment industriel sans minéraux ou vitamines ajoutées, ni mieux ni moins bien. Simplement la présentation est plus pratique et on s’arrange pour qu’elle soit vraiment bonne au goût. Mais par rapport au prix d’un aliment, elles sont beaucoup plus onéreuses. On peut ainsi trouver sur le marché des friandises à 6-7 €/kg alors qu’un aliment tourne généralement autour de 1 €/kg, 2 € pour les plus chers. Elles sont généralement fort peu équilibrées mais d’un autre côté comme on est censé en donner très peu, juste pour le plaisir, c’est le plus souvent sans conséquence.

Après, les esprits chagrins pourraient se demander si l’on ne pourrait pas donner simplement un peu d’aliment. Peut-être un peu moins pratique mais beaucoup moins cher et souvent mieux équilibré sur un plan nutritionnel…

A bannir pour les chevaux insulino-résistants, PSSM, symptomatiques SME que ce soit avec ou sans céréales.

Pour les chevaux obèses, il faut avoir conscience que l’apport énergétique de ces produits est identique à celui d’un aliment de même type. Donc comme ce sont des chevaux pour lesquels souvent on limite déjà l’apport en fourrage, il me semble plus judicieux et mieux pour leur santé, de ne jamais leur donner de friandises industrielles et s’ils arrivent à perdre du poids et que l’on a une petite marge de manœuvre, plutôt s’orienter vers une consommation plus libérale de fourrage.

Pour les chevaux ulcéreux, les friandises sans céréales sont acceptables. Les autres doivent être données en quantité très limitées.

Pour les chevaux maigres, comme ce sont des produits très appétents, ils peuvent être utilisés pour donner un petit plus, pour exciter leur appétit.

Les friandises « artisanales » ou « maison »

Elles ne sont ni mieux ni moins bien que les friandises industrielles. L’information sur la composition est généralement plus succincte pour le consommateur.  

Le principal souci auquel se heurtent les fabricants amateurs ou professionnels de ce type de produits est d’arriver à quelque chose de stable, de pratique, et qui tienne en morceaux. On arrive souvent à des produits qui ressemblent fort à des biscuits.

Si vous les faites pour vous et si vous avez des connaissances en nutrition équine, cela peut être une solution pour des chevaux âgés, très faibles, maigres et qui n’ont plus d’appétit. Notamment, il est possible d’incorporer dans la préparation, des œufs et/ou de la poudre de lait pour avoir un produit très riche en protéines et en acides gras. Dans ce cas l’ajout de sucre est bénéfique non seulement parce que cela tente le cheval et l’amène à manger même s’il n’a pas faim mais aussi parce que cela permet d’envoyer dans le sang du glucose de façon rapide ce qui le remonte un peu momentanément dans les 10 minutes qui suivent l’ingestion et ce qui peut l’amener alors à envisager de manger du fourrage. A réserver aux cas extrêmes.

Catherine Kaeffer

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Cheval en box. Techniques d'élevage (R). Tous droits réservés

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