Les microorganismes efficaces ; historique et production

Publié le par François Kaeffer. Editions Alpha et Omega

Des émotions mitigées prennent le scientifique moyen lorsqu’il se retrouve, une fois de plus, face à un sujet (concept ou produit) présenté comme le remède-miracle ou la Vérité. La joie de devoir séparer la science du commercial et l’abattement car il sait que cela va être difficile de trouver la source première (et souvent plus fiable) de cet engouement. Les microorganismes efficaces font partie de ces sujets.

Pour rappel, ce qui est appelé « microorganismes efficaces » est un mélange de, théoriquement, 80 espèces de microorganismes : bactéries (lactiques et phototrophes) et levures. Le brevet appartient à l’EM Research Organization basée au Japon et a été développé par le Professeur Teruo Higa en 1982.

L’utilisation d’origine est la restauration des sols suite à des catastrophes qui ont détérioré les sols : séismes, radiations, tsunamis, construction, pollutions…

Le but est donc de restaurer la flore du sol avec un cocktail de microorganismes sélectionnés. Par contre, deux questions subsistent :

  • Une utilisation au long cours est-elle intéressante ?
  • Ce cocktail est-il utilisable pour autre chose ?

Même si la composition n’est pas connue de manière précise, ce mélange permet, en théorie, d‘avoir une variété suffisante pour repeupler le sol. Cependant, jeter un œil sur le mode d’emploi pour la solution-mère est intéressant.

La solution mère est un mélange de micro-organismes aérobies et anaérobies coexistant dans un milieu liquide à un pH inférieur à 3,5. Ce pH assure une inhibition de nombreux microorganismes.

La solution utilisable doit être préparée en ajoutant de l'eau et de la mélasse dans un fermenteur, le but est de remonter le pH pour relancer l’activité des microorganismes. En effet, à partir d’un pH de 3,5 pour 1,5L, un pH d’environ 6,2 pour la solution de mélasse pour 1,5L et avec pH de 7 pour l’eau avec un volume final de 30 litres, nous obtenons un pH entre 4,5 à 4,8 avec les approximations de ce type de calcul.

Ce pH permet la réactivation mais le pH va rapidement retomber avec la fermentation et afin de les garder actifs après 8 à 10 jours d'activation entre 34 et 38°C, température considérée comme optimale pour la majorité des enzymes.

La fermeture du fermenteur et le remplissage intégral indique la mise en condition anaérobie. Cela favorise les organismes anaérobies même si la croissance va être limitée.

Une utilisation au long cours acidifie potentiellement le sol ce qui va orienter la flore (à tort ou à raison) et ne permet plus un rétablissement d’une flore. Une fois, une flore remise en place, il faut juste redonner les éléments nutritifs pour lui permettre son développement.

Sur un sol surpâturé et en période de vide, une aide microbiologique s’entend pour aider au sol à reprendre vie. Cette aide est temporaire.

Par rapport à une autre utilisation que pour la reconstitution microbiologique des sols, sans une composition exacte… il est difficile de se faire une opinion.

François Kaeffer

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Pré surpaturé et en partie asphyxié par inondation. Techniques d'élevage (R) Tous droits réservés

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